Venue de nulle part

C’est La lumière bien sûr qui m’a attiré dans cette image. La peau ambrée sur le mur rosé. Mais le jeu d’ombres sophistiqué surtout.

"From out of the blue". 2017©AntoineRenault. acrylic on canvas 80x60cm

« From out of the blue ». 2017©AntoineRenault. acrylic on canvas 80x60cm

L’ombre portée très franche du chapeau sur le visage et sur l’épaule. Celle plus diffuse qui vient des arbres plus lointains. Et les ombres toutes proches: l’ombre propre de son sein gauche. Son ombre portée sur le sein droit.

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Ajoutez un perroquet bleu sorti de nulle part et laissez le photographe Lars Botten construire une image superbement graphique. Avec la silhouette non moins graphique de la jeune mannequin portugaise qui monte: Isilda Moreira.

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Zero gravité

Cette apesanteur que l’on resent lorsque l’on flotte allongé à la surface… Légèreté. Comme installé dans un nuage liquide. Détente. Aucun muscle en tension. Aucun point sous pression.

"Zero Gravity" 2017©antoinerenault. acrylic on canvas 100x70cm

« Zero Gravity » 2017©antoinerenault. acrylic on canvas 100x70cm

L’élément liquide compense la force de gravité. Et cet équilibre physique semble se transformer naturellement en sérénité. La tête se vide. Au mieux elle caresse des pensées positives. Des pensées sans gravité.

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Archimède a théorisé l’explication physique: “Tout corps plongé dans un liquide reçoit de celui-ci une poussée verticale égale au poids du volume du liquide déplacé”. Mon père a toujours eu une fascination pour ce phénomène. Et c’est sans doute par reconnaissance pour ses grandes joies de navigation qu’il a fait apprendre par coeur la formule à tous ses enfants. Ce qui a procuré à cette progéniture moyennement équipée pour la Physique une joie furtive au moment où le sujet était enfin abordé à l’école.

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Jesi’s hat

Certaines postures sont magnétiques. Elles signent la personnalité d’un individu encore plus fortement que sa silhouette. J’ai toujours trouvé cela saisissant.

"Jesi's hat" 2017©antoinerenault.  acrylic on canvas 70x50cm

« Jesi’s hat » 2017©antoinerenault. acrylic on canvas 70x50cm

Voilà Jesi Le Rae: une muse radieuse et énergique aux jambes interminables. Cambrure de matador capturée par l’objectif solaire de la géniale photographe australienne Carly Brown. Je suis le travail de Carly depuis un moment sur instagram. J’aime beaucoup son univers créatif, découvert grâce au très inspirant “Last daze”: un gisement d’histoires photographiques qui pimente votre quotidien de manière addictive . Cette image m’a attrapé l’oeil. Je devais la peindre. Carli a eu la gentillesse de me prêter son inspiration. Jesi a accompagné la peinture en cours avec un enthousiasme communicatif. J’ai adoré peindre cette toile.

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Les cheveux sauvages de Jesi m’ont aussi inspiré ce dessin. Il fait partie de la série « sketching in the air » que j’exposerai bientôt à Paris.

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Agio Nikolaos

Oui c’est un titre un peu bizarre pour cette image. J’aime bien le nom des lieux. Agio Nikolaos (Saint Nicolas), c’est le petit rocher au pied d’Oia où est construit une chapelle.

"Agio Nikolaos" 2017©antoinerenault. Acrylic on canvas 50x70cm

« Agio Nikolaos » 2017©antoinerenault. Acrylic on canvas 50x70cm

Un coin parfait pour plonger, à 15 minutes de nage de la falaise. A côté de la chapelle, un petit abri dans lequel un pêcheur garde ses filets au sec. Lézarder au soleil après la baignade, le dos nu appuyé sur la chaux tiède de ce vieux mur, est un luxe. Profiter de la beauté pure de ce site incroyable. Penser à la soirée que l’on va passer là-haut, tout en haut de la falaise. Se réjouir à l’avance de cette vue stupéfiante qui donne un supplement de gout à toutes les saveurs du diner.

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L’âme adore nager

Elle vient d’une matinée grecque. Au pied d’Oia, Santorin. Je crois que c’était la première baignade de l’été 2013. En bas d’un chemin dans la falaise rouge de 200m, on touche une eau lumineuse.

"L'âme adore nager" 2017©AntoineRenault  Acrylic on canvas 100x70cm

« L’âme adore nager » 2017©AntoineRenault Acrylic on canvas 100x70cm

La paroi volcanique vous domine de toute sa masse et s’enfonce vers les profondeurs de la Caldera. Cela rend la première plongée un peu intimidante. Et puis rapidement, le plaisir de l’eau qui enveloppe, les nuages de poissons insouciants. On oublie l’abîme et on vole. On se sentait très bas il y a cinq minutes. On se sent soudain très haut. Et on adore ça.

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Le cercle éternel des formes fugitives

Figer des reflets c’est attraper des formes fugitives. Qui se ressemblent toujours. Et qui n’en finissent pas de se transformer en d’autres formes. Dans une composition éternellement unique, à chaque instant.

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J’avais en tête de peindre cette image depuis longtemps. Je me posais deux questions: arriverai-je à trouver le moyen de rendre la luminosité de ce moment? Et quel titre pourrai-je bien lui trouver? La lumière a fini par arriver. Le nom est un morceau de poème de Louise-Victorinne Ackerman. Une poétesse française dont j’ignorais le nom et l’oeuvre. Mais j’aime bien comment ces mots vont avec cette peinture.

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Mère grand

Fin d’après-midi. Le thermique s’est calmé. Les dériveurs et les annexes sont remontés sur la plage. Les cousins sur la dune, les uns après les autres. Décoiffés par la brise. Du sable plein les pieds, du sel plein les yeux. C’était une chouette journée! De celles qu’il faut ralentir et faire durer car elles comptent double dans le souvenir des vacances. Bientôt l’heure de rejoindre nos chaumières respectives pour la soirée. Faire traîner, profiter… S’asseoir par terre côté Sud à l’abri du vent sur la terrasse de granit et réchauffer son dos contre le mur de chaux . Mère grand est toujours dans les parages.

"Grand-mère Maud" 2016©AntoineRenault acrylic on canvas 70x50cm

« Grand-mère Maud » 2016©AntoineRenault acrylic on canvas 70x50cm

Elle qui était si heureuse en mer n’a plus l’âge de naviguer. Elle suit dans la journée les voiles de chacun du haut de sa dune, dans le Noroît. Puis récolte les récits de chacun le soir côté Sud. La bande de lézards se retrouve pas loin de la porte de sa chambre. A l’entrée de cette caverne d’ombre parfumée de térébenthine, on refait le monde. La robe de grand-mère attrape les derniers rayons de soleil. L’air de ne pas y toucher, elle lance ces petites questions anodines qui permettent de jauger l’état des troupes, de recouper l’actualité de l’île et de la famille.  La complexité des arabesques qu’elle dessine avec sa canne dans le sable est proportionnelle à celle que ses pensées traversent. Et elles se concluent souvent d’un « et t’en pense quoi, toi? » ponctuée d’un petit rictus souriant, mélange de bienveillance, de malice et de doute.

Quand j’ai démarré cette toile, je savais que je la garderais pour moi. Privilège d’une conversation en face à face. A chaque coup de pinceau j’essayais d’imaginer ce que disaient les arabesques en dessous du tableau, invisibles. Pour la première fois, cette sensation d’être observé par mon sujet pendant que je peignais. Des heures à modeler ce visage jusqu’à ce que le regard et chacune des petites rides, ensemble, finissent par composer cet imperceptible sourire, inquisiteur et protecteur.

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Se souvenir des belles choses

images« Depuis que je suis petit, j’ai une espèce de maladie: toutes les choses qui m’émerveillent s’en vont sans que ma mémoire les garde suffisamment » (JH Lartigue). Ses merveilles à lui sont souvent des moments. Je crois que j’ai cette même maladie. C’est peut-être pour ça que j’adore JH Lartigue.

Washing away from the soul the dust of everyday life AntoineRenault 2016   Acrylic on canvas 100x70cm

« Washing away from the soul the dust of everyday life » ©AntoineRenault2016
Acrylic on canvas 100x70cm    Inspired by JH Lartigue photography

 Ce photographe précoce est devenu peintre parce que photographie n’était pas encore une activité sérieuse. Il expose dans la même galerie que Monet à Paris. Amusantes coïncidences: j’ai découvert son travail à NYC l’année de sa mort (1986). Et il était devenu un grand nom mondial de la photographie à NYC l’année de ma naissance.

LIFE maagazinelartigue_autoLa chance sourit aux esprits préparés: En 1962, il a 100.000 clichés au compteur, mais se croît peintre. Lors d’une escale à NYC, une rencontre est organisée par un ami avec John Szarkowski, nouveau jeune conservateur du département  photographie au MoMa, . Coup de foudre. En 1963, à 69 ans, il expose pour la première fois en tant que photographe… au MoMa!!! En novembre de la même année, Life magazine lui consacre un article de 10 pages dans le numéro… qui raconte l’assassinat de JFK à Dallas quelques jours plus tôt. Il avait rencontré le jeune sénateur Kennedy 10 ans plus tôt chez des amis à Antibes. Ce numéro fait le tour de la planète et installe sa notoriété mondiale.

Picasso disait que « l’art sert à se laver l’âme de la poussière de tous le jours ». L’expression personnelle donne de la beauté et du sens à l’expérience humaine. Lartigue a passé une journée entière à photographier avec gourmandise Picasso et son univers. Il a fait ça toute sa vie: attraper ce qui l’émerveillait.

Son travail en couleur a récemment été exposé au FOAM d’Amsterdam. J’ai eu un coup de coeur pour 4 photos, dont celle de son amie Marie Bailey. Il aimait les femmes et cela se voit dans cette image.

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Parádeisos?

paradise beach antoinerenaultC’est ici! Paradise beach. C’est son nom. Il y en a sur toutes les belles îles, je sais. Mais ici c’est différent: on est sur Amorgos. Au bout d’un chemin, dans l’axe du coucher de soleil. La transparence est au rendez-vous. Le soleil aussi. Les falaises ocre dense. L’eau vert sinople. En fin d’après-midi, on peut sauter au-dessus du soleil et frôler le paradis.

"Parádeisos" ©antoinerenault2016  acrylic on canvas 100x100cm

« Parádeisos » ©antoinerenault2016 acrylic on canvas 100x100cm

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Agia Anna

agia anna antoinerenault.comC’est un endroit béni des Dieux. A deux pas du Monastère de la Panaghia Chozoviotissa. L’un des deux plus anciens de Grèce. Mais c’est aussi au pied de Agia Anna (Sainte Anne). La plus belle chapelle d’Amorgos immortalisée par le film « le Grand Bleu ». Quand on descend la falaise sur sa droite, on trouve un petit abri de pêcheur parfait comme point de départ pour une plongée. Les rochers plats sous-marins créent des transparences superbes. L’endroit idéal pour un shooting. Et l’inspiration suit naturellement.

"Agia Anna"  ©AntoineRenault2016  acrylic on canvas 100x70cm

« Agia Anna » ©AntoineRenault2016 acrylic on canvas 100x70cm

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