Felicita, Melissa, Sarah…

Mon premier est une collectionneuse merveilleuse, mon deuxième est une toile magique, mon troisième est une photographe généreuse. Mon tout ci-dessous.

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Tout commence au moment où c’est fini. La décision de ne plus rajouter de touche, de poser les pinceaux. Apposer la signature. S’interdire tout retour. Cette décision est pour moi une des 4 étapes clé qui font le tableau : le choix du sujet, le cadrage, le format … et le moment d’arrêter. Entre les deux, un chemin toujours incertain, aléatoire, intuitif.

felicitaQuand j’ai fini « Felicita », j’ai senti que désormais je trouverais ce chemin, quel que soit le sujet. Le format s’était imposé : plus de stock. Dernier petit châssis qui traînait au fond de mon atelier de Noirmoutier. J’avais envie de peindre ce sujet depuis longtemps. J’ai aimé le résultat. Décidé de garder cette toile pour moi puisqu’elle était une étape.

IMG_1944Quand Melissa m’a écrit depuis Calagary, c’était pour « Felicita »… En quelques mails, j’ai fait connaissance avec une surfeuse voyageuse. Aussi rapide sur ses coups de cœur que patiente avec mes coups de pinceaux. Une belle rencontre. Elle cherche une toile pour son refuge au pied des montagnes canadiennes. Pouvoir contempler le calme et la chaleur un peu sauvage des spots où elle surfe en Amérique du Sud pendant les soirées d’hiver sous la neige. « Felicita » est parfaite… mais interdite de sortie. S’en suivent donc des semaines à s’échanger des clichés. Une image nous met finalement tous les deux KO et d’accord. Une image forte. Melissa la veut en grand.

16x24-sunset-me-free-XL2Quand j’ai écrit à Sarah, c’était pour Melissa. Sarah Lee est une de mes photographes préférées. Une hawaïenne surdouée. Qui travaille parfois avec un autre de mes photographes favoris, l’Australien Mark Tipple. Elle capte l’eau comme j’ai envie de la peindre. Je peux reconnaître ses clichés avant de lire sa signature. J’avais déjà fait quelques projets à partir de son travail. Je lui demande un permis de peindre. Avant de s’enfoncer dans la jungle de Bali, elle me dit que d’accord.

J’ai enfourché mon vélo pour aller acheter un châssis. Grand. Et un rouleau de toile. Long. Quelques semaines plus tard, un rouleau filait à l’indienne pour l’Alberta.

L’étonnante rencontre de Kane et Sandra au Nord de la Sunshine Coast

Il y a quelques semaines, je ne connaissais encore aucun des deux. J’avais juste une très belle image dans mon tiroir à inspirations. Je me décidai à la peindre dans mon atelier de Noirmoutier.

© 2014 - Antoine Renault Acrylic on canvas - 92x65cm Sandra's swell

« Swell Sandra »
© 2014 – Antoine Renault – Acrylic on canvas 92x65cm

Contrairement à ce que je fais habituellement dans ce cas, cette fois je réalise la peinture avant de contacter le photographe et je choisis d’imaginer la petite histoire derrière l’image avant de baptiser la toile. Après plusieurs journées passés à la peindre, je conclue qu’il s’agit plutôt une lumière de coucher que d’un lever. J’imagine une plage d’Indonésie ou d’Australie.

"Swell Sandra" © 2014 - Antoine Renault

« Swell Sandra »
© 2014 – Antoine Renault

Cette lumière me fascine. Elle me rappelle ces fins d’après midi où les conditions sont tellement bonnes pour le windsurf que l’on ne peut plus décider d’arrêter. L’obscurité finit par trancher. Mais on est quand même tenter d’y retourner pour une bonne dernière belle sensation. J’appelle donc cette toile « Une petite dernière vite fait ? ». Et juste avant de poster cette peinture sur ma page Facebook, je recherche l’auteur de l’image. Je tombe sur Kane Brown, un jeune photographe australien talentueux de Queensland. Message envoyé à 23:00 en lui demandant l’autorisation de publier, et s’il aurait la gentillesse de me raconter un peu d’histoire de cette image.

© Kane Brown

© Kane Brown

Réponse dans ma boîte avant le p’tit déj. Kane est OK pour publier. Cette photo fait partie d’une série qui a connu un beau succès. Sandra est à l’origine de ce cliché incroyable. Sandra, c’est  le cyclone qui a levé de sévères brises au large de la mer de Corail il y a un an. Kane et ses potes savaient qu’en cas de très gros swell, un spot au Nord de la Sunshine coast pouvait donner des vagues juste parfaites. Des heures de routes en matinée… sans savoir si la récompense serait là. Comme le swell est énorme, les conditions sont impraticables sur la plupart des plages aux alentours. Finalement, arrivée sur LA plage en milieu d’après-midi. Totalement déserte. Lumière parfaite. Vagues divines.

11Kane a profité du swell de Sandra littéralement jusqu’à la nuit. Et ce dos sur l’image, c’est un de ses amis qui ne résiste pas à la tentation d’y retourner. Prendre une dernière vague avant que cela devienne vraiment trop sombre. La peinture était donc bien nommée… mais cette histoire me donne envie de le rebaptiser. Ce sera plutôt « Swell Sandra » (Swell girl = Chic fille). Merci Kane !! 🙂

 

« Reach the beach ». Tribute to the Veedub kombi

Dans quelques semaines, cette pépite du road trip cessera d’être fabriqué à Sao Paulo. En bon hippie chic qui se respecte, j’ai senti qu’il fallait que je célèbre ce passage par un clin d’oeil artistique à cette silhouette unique. J’en suis fan. Un de mes boards Pinterest en témoigne …

"Reach the beach"  A. Renault 2013

« Reach the beach » A. Renault 2013

Danse sous les nuages

Nager sous les vagues d’Hawaï, c’est beau comme danser sous les nuages.

"Dancing beneath the clouds"   Antoine Renault 2013 - acrylic on canvas 115x80cm

« Dancing beneath the clouds » Antoine Renault 2013 – acrylic on canvas 115x80cm

"Under the blue" - sketch - Antoine RenaultIl y a exactement un an, mon projet à partir du travail de l’australien Mark Tipple me conduisait à Hawaï vers une autre photographe hyper talentueuse. J’ai suivi de très près Sarah Lee depuis ce moment là. Chacun de ses clichés continue de me fasciner. Je m’étais donc promis d’en choisir un comme sujet.

J’ai commencé par une petite aquarelle pour me faire la main. Comme si le chantier me semblait trop impressionnant pour passer directement à un grand format. Le hasard a fait qu’elle a atterri à Hawaï comme cadeau de remerciement à ma 300ème fan sur Facebook. Alexandra Gomez, une jeune et joyeuse lycéenne d’Honolulu qui emmène consciencieusement son surf à l’école pour pas rater trop de vagues en fin d’après-midi … Y’ en a quand même qui démarrent pas trop mal dans la vie !

"Under the blue" - Antoine Renault - watercolor 2013

« Under the blue » – Antoine Renault – watercolor 2013

Bref. Avec l’accord de Sarah Lee, et après une hésitation infinie entre plusieurs de ses clichés fabuleux, j’ai finalement attaqué un projet plus sérieux, ce  qui a donné cette toile de l’été. Un immense plaisir à produire 🙂

Eau douce

Laisser le sel sécher sur la peau après la mer. C’est une option. J’aime bien. Cela donne un parfum particulier à la peau et une saveur intéressante dès que l’on se lèche les babines. Rincer à l’eau douce, c’est bien aussi. Surtout si c’est dehors !  La douche devient alors un plaisir en soi.

"Eau douce" - A Renault 2013 - acrylic on canvas 120x40cm

L’eau devient embrun, le vent balaye tout cela. L’épiderme se lisse au fur a mesure que sable et sel glissent. Il perd en saveur mais gagne en douceur. Commence a respirer mieux. Donc a sourire. Je ne sais pas pourquoi, cette image me fait penser à la fille du « Peintre des étoiles ». Celle qui descend par la rue des Saules, avec du soleil sur son épaule … Les feuilles de saule sans doute ?

Besoin de vague

« Wave 04 » – A renault 2013 – Acrylic on canvas 73x54cm

 

C’est comme ça… j’en ai besoin. C’est probablement le sujet que j’ai le plus dessiné pendant mon adolescence. Mes cahiers et les marges de mes livres en étaient remplis. Des petites ourlées, des énormes effrayantes, des transparentes, des glossy, avec des lèvres fines et régulières ou bien déchirantes, des épaules anguleuses ou douces … Pour l’épreuve du bac, j’avais décidé que je trouverais un lien entre le sujet et une vague. « Représentez une confrontation entre l’infiniment grand et l’infiniment petit » :  cet épreuve s’est transformée en régal. Le « petit » était un surfeur.

Je suis fasciné par la vague. J’y vois une forme de beauté parfaite. Et par la surf culture. On y voit aussi des beautés parfaites. Je peux rester en observation longtemps, autant devant une série de micro vagues de rivage que de splendides tubes. C’est peut-être de là que me vient cette envie permanente de travailler le reflet et la transparence. Et aussi  les épaules.

C’est de là je le sais bien que me vient cette attirance tenace pour l’Australie.

 

« Felicità »

C’est la dernière toile de 2012. J’ai adoré la peindre …  et prendre le soleil à chaque coup de pinceau. Elle aurait bien mérité sa place à l’accrochage de l’expo « Bliss » car on n’est pas loin de nager dans le bonheur ici aussi. Personnellement, j’y trouve au moins 5 ingrédients indispensables.

"Felicità" - Antoine Renault 2012 - Acrylic on canvas - 80x40cm

Un titre en forme de voeux. Le 6 décembre, j’ai senti effectivement que la fin du monde était proche. Deux planètes se sont à nouveau raté de peu et semblent reparties dans leur rotations lointaines. 2012 s’est donc achevée « de manera terminante »: claire, sans discussion.  2013 sera surprenante. Et les jours rallongent désormais. Felicità ! 🙂

« Wavy »

Acrylic on canvas - Antoine Renault - 2012Il faisait doux ce matin. Facile de se lever tôt : il suffisait de regarder le haut des arbres dans le ciel de la fenêtre pour comprendre que la journée allait être généreuse. Ces jours là, il vaut mieux les attraper en entier. Etre le premier sur place pour s’en mettre plein les yeux. Sur la plage, les orteils plongent dans le sable et s’offrent le premier massage du jour . L’air n’est pas parfaitement pur. Comme un reste de brumisation laissé par l’aube, qui fusionne un peu les lignes d’horizon et arrange les contours. La mer se régale à l’avance : la brise thermique sera là dans quelques heures, comme une bonne surprise hyper prévisible.  La lumière est fière : ses couleurs du jour sont particulièrement réussies et le tracé des ombres très sûrs. Elle profite d’une tignasse salée pour montrer l’étendue de sa palette: du blanc au noir en passant par tous les blonds. Le thermique se fait la main en balançant une petite risée dans cette brillante composition, histoire d’admirer au moins une épaule dorée. Très belle, cette épaule !

 

« Quincy Davis », inspirée par Morgan Maasen

Acrylic on canvas - Antoine Renault - 2012

Une énigme. Blonde comme les dunes, elle surfe comme une princesse et mène une vie active sur le circuit pro mondial depuis déjà quelques années. Elle a 16 ans et vient de New York : à Montauk, au nord de Long Island. Tout est normal. Quincy Davis  porte un sourire insouciant sur un style franchement incisif . Des courbes exceptionnelles dessinées à grands coups d’écume dans les swells les plus glossy de la planète. Une chance pour les vagues, pour nos yeux, et pour les objectifs.

Morgan Maasen vient de l’ Ouest avec le sien d’objectif. Un californien champion du cadrage et du contraste. Souvent au bon endroit dans les vagues. Quand Morgan croise Quincy, cela donne une série de clichés superbes qui m’ont inspiré cette dernière toile.